METROPOLIS 1927–2027

Le futur imaginé est notre présent 


Ciné-concert 
Création musicale originale de Joachim Dumont 
Production : La Compagnie du Tire-Laine 

LA PREMIÈRE GÉNÉRATION METROPOLIS, C’EST NOUS ! 

Né en 2002, Joachim Dumont appartient à une génération qui voit se rapprocher, parfois de façon troublante, le monde imaginé par Fritz Lang il y a un siècle : société de classes, intelligence artificielle, écrans omniprésents, surveillance généralisée, isolement et dématérialisation des liens sociaux. Lorsqu’il découvre *Metropolis*, confiné entre quatre murs, le film lui donne aussitôt le sentiment de parler de son époque et de sa génération. Une question s’impose : quelle part de responsabilité les générations précédentes portent-elles dans le monde dont les plus jeunes héritent aujourd’hui ? Par endroits, la dystopie de Fritz Lang semble avoir quitté l’écran. Mais *Metropolis* ne suscite pas seulement l’inquiétude. Son esthétique nourrit aussi l’imaginaire de Joachim Dumont : ses architectures, ses machines et son univers rétro-futuriste deviennent le point de départ d’une création musicale et scénique.

LA PROPHÉTIE METROPOLIS

… 1927. Dans une ville verticale, l’élite vit au sommet, dans la beauté, l’abondance et les loisirs. Sous terre, les ouvriers font fonctionner sans relâche les machines qui servent les classes dirigeantes. Peu à peu, ils semblent eux-mêmes devenir des rouages.

2027. Les élites mondialisées paraissent vivre à distance du reste de la société, dans un monde à part. La classe moyenne, fragilisée et remplaçable, est repoussée vers les périphéries et l’invisibilité. Les travailleurs, divisés, contrôlés et surveillés, alimentent une économie qui ne semble jamais s’arrêter. Pendant ce temps, l’intelligence artificielle transforme le travail et grignote chaque jour une part de la liberté humaine. Cent ans après sa création, *Metropolis* n’a peut-être jamais semblé aussi actuel. 

NOTE D’INTENTION

Pour Joachim Dumont, la musique est une manière d’entrer en conversation avec les images. Composer pour *Metropolis*, c’est répondre à un film qui l’a profondément marqué, avec pour ambition de le sortir de son microcosme intellectuel pour donner encore un peu plus d’écho à son message politique. La musique originale du film a nourri son travail, par ses contrastes, ses intensités, sa temporalité et certains de ses traitements orchestraux. Mais cette nouvelle partition veut aussi prendre sa liberté : faire entendre l’énergie industrielle, les vertiges technologiques et les émotions humaines qui traversent le film — et qui résonnent encore aujourd’hui. 

Jazz, Fusion, écriture orchestrale, musique électronique et couleurs harmoniques empruntées au gospel se croisent au fil de la partition. Cette dernière souligne, anticipe, interroge ou réinterprète les images, avec des thèmes et des mélodies expressives qui côtoient de longues respirations et des passages plus mécaniques. Dans certaines séquences, les synthétiseurs et les boîtes à rythmes sont pilotés par un ordinateur, un motif cyclique se met en marche ; les musiciens doivent alors le suivre et trouver leur place face à cette pulsation imposée. La machine n’est plus seulement un instrument : elle devient une présence qui commande le jeu et en modifie le cours.

Cette idée se prolonge dans la scénographie avec, au centre du dispositif, un magnétophone à bande qui restitue une partie de l’orchestre et participe à la conduite du spectacle. Il devient, aux yeux du public, un robot musicien : une machine qui joue et donne le tempo. 

Avec ce ciné-concert, Joachim Dumont invite le public à retrouver *Metropolis* autrement : non comme un monument lointain, mais comme un film qui nous regarde, et dont les images continuent de faire écho à notre présent.