En Juillet 2009, nous avons eu le plaisir lors d’une prestation musicale de notre groupe emblématique - Swing Gadjé - de rencontrer des jeunes palestiniens de Naplouse accueillis dans le cadre d’un jumelage.

En effet, Lille est jumelée à Naplouse depuis 1998. Cette rencontre, au-delà de notre prestation, a débouché sur des échanges réguliers avec un responsable de l’Association Médicale Franco-Palestinienne. Ces multiples échanges, nous ont amenés à recevoir Monsieur Wassim Qassis, musicien palestinien qui effectuait une mission d’échange musical sur Paris ; c’est à partir de ces rencontres que l’idée d’établir des liens et des échanges plus soutenus avec la Palestine a pris corps.

C’est dans cet état d’esprit qu’une délégation de musiciens de Swing Gadjé accompagnée de Monsieur Dancette, président de l’A.M.F.P., s’est rendue en Palestine du 9 au 17 septembre 2010 puis du 6 au 14 janvier 2011, afin de rencontrer les acteurs palestiniens et de co-construire ce projet. Bien plus que l’accueil très chaleureux que nous avons eu sur place, nous avons pu, lors de cette mission, bâtir les grandes lignes et partenariats indispensables à la réalisation du projet.

Celui-ci s’articule autour de deux axes spécifiques qui s’adressent à des publics distincts mais particulièrement complémentaires. Pour le premier axe, il s’agira par le biais de tournées professionnelles (concerts avec Swing Gadjé et des musiciens palestiniens) de faire découvrir et d’échanger des pratiques musicales professionnelles entre musiciens. Quant au second axe, il répondra plus particulièrement à la mise en œuvre de pratiques et d’enseignements musicaux innovants auprès d’enfants et de professeurs de musique.

Le projet « Au delà des murs » matérialise donc la rencontre entre deux mondes, deux cultures : celle des musiques tsiganes d’Europe de l’Est et celle de la musique palestinienne, ou dirons-nous plutôt orientale. L’enjeu est considérable car il réunit des siècles d’Histoire musicale, fruit des migrations humaines et des régimes politiques marqués par les guerres, l’esclavage ou encore les croyances religieuses. Ces deux univers musicaux si différents soient-ils, perpétuent tout deux des modes de transmission par l’oralité de répertoires traditionnels. C’est donc bien à travers ce langage commun que se construira de part et d’autre notre collaboration artistique.

Bahara Jadal Group & Swing Gadjé, 2011